11.08.2007

Le programme des diversités d'été

 
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Bulletin d'inscription aux Diversités d'été

 
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Primauté du politique par Pierre Bélenger

Chers amis,

Vu mon âge, je ne participerai pas aux diversités de La Rochelle, mais je tiens à y apporter ma contribution, car il y va de l'avenir du parti socialiste.

La valeur-clé-de-voûte de notre parti, c'est la Primauté du Politique. Or il faut reconnaître que nous l'avons perdue par le traité de Maastricht. Tous les pays souffrent de manque de pouvoir sur les grandes décisions et de manque de moyens financiers. Tous deux sont les conséquences directes du système économique monétariste que nous avons adopté en 1983 et sacralisé en 1993. Nous perdons un temps précieux à nous tortiller dans tous les sens pour ne pas le reconnaître. Autant les électeurs de gauche nous font confiance pour la gestion interne (Départements et Régions), autant ils nous délaissent lors qu'il s'agit des choix au sommet. Cette leçon, voilà 2 fois que nous la subissons, confirmée de plus par le référendum de Mai 2005. Ce n'est pas, parce que la gauche de la gauche patauge dans l'anti-libéralisme sommaire, que nous avons le temps de retarder notre rénovation, en faisant semblant de la faire. Il faut que nous réapprenions l'existence du système économique, et que le monétarisme est une monstruosité. Le lobby catholique nous a infiltré par Jacques Delors pour que la Finance s'attribue cette Primauté. Vous savez très bien que l'église a toujours été du coté de la Finance, tout en faisant semblant de l'inverse. Pour la piétaille, c'est l'esprit évangélique ; quant aux prélats, ils sont formés dans leur séminaire du Litchenstein à d'autres fins.

Mitterrand nous disait que pour sortir d'une crise, il faut aller à son paroxysme. Ce que Sarko se charge de faire à notre place. Merci Sarko ! Tenons-nous prêts en balayant devant notre porte et en revenant à nos valeurs .... quitte à y mettre un peu d'humilité, car nous nous sommes sacrément fourvoyés.

Bien cordialement,

Pierre Bélenger

Refonder pour quoi faire ? (2) Par Maurice Conil

Il y a un peu plus d’un mois (22/06/2007), je posais la question : « Refonder pour quoi faire ? ».

À cette question, je répondais en donnant quelques directions qui me semblaient évidentes de formuler pour une rénovation véritable du P.S.

Ces directions ainsi formulées n’étaient pas exclusives et pouvaient êtres amendées, modifiées, discutées. Elles allaient dans le sens d’une réorientation des objectifs à venir de refondation du P.S.

Cette discussion de rénovation va être entreprise prochainement dans des instances comme les Universités d’été du P.S., élitistes par essence, car trop restreintes par leurs faibles taux de militants (15 par fédération).

Qui a les moyens de s’y inscrire, de se déplacer vers La Rochelle (inscription + hôtel ou camping) même si la participation aux discussions y est peu onéreuse (20 €uros).

Donc l’élitisme des caciques reprend le flambeau des discussions, mais tout cela n’empêche pas la réflexion des militants.

Aussi n’allant pas à ces Universités d’été, je me permets d’approfondir ma pensée sur les directions que j’avais ébauchées dans mon premier article que le blog des « Diversités d’été » qui a eu la gentillesse de publier.

a).- Qu’est-ce qu’un parti de gauche ?

Comme le disait Jaurès : la gauche c’est l’humanisme et la lutte contre les inégalités. On pourrait y ajouter sans fausse modestie, c’est aussi la lutte pour le progrès social et la valorisation de l’individu dans un combat collectif. Le parti socialiste doit donc être ce parti de l’humanisme, de la lutte collective contre les inégalités, pour le progrès social et la valorisation de l’individu.

b).- Qu’est-ce que la laïcité ?

La laïcité ce n’est pas la lutte contre les religions contrairement à ce que pense la plupart des gens, mais la tolérance de l’autre, de sa manière d’être, de penser, de vivre ou de son aspect extérieur ou intérieur.

c).- Qu’est-ce que l’égalité ?

Les élites pensent qu’elles sont plus égales que les autres (Coluche) et c’est là où le bât blesse, car si certains pensent être plus égaux c’est que d’autres le sont moins. Jusqu’à présent au nom de l’égalité, la gauche s’est fourvoyée, dans le social (SMIG ou SMIC, RMI etc.) et dans bien d’autres secteurs. Pour pallier à des inégalités, elle a créé d’autres inégalités faisant de certaines catégories de Françaises et de Français des assistés de l’inégalité et donc créant d’autres inégalités en les stigmatisant. Dans l’éducation (collège unique etc.), la gauche a voulu que tous les enfants aient la même chance. Mais comme certains sont plus égaux, mettre les « élites » (milieu intellectuel, moyens financiers etc.) avec les moins bien lotis est une erreur, la mayonnaise ne prend pas et si certains s’en sortent les autres « rament ». Il faut donc innover, trouver des solutions et pour cela faire appel aux universitaires et enseignants qui, eux, sont au cœur du problème. Et ne plus suppléer aux inégalités par d’autres inégalités.

d).- Qu’est ce que la démocratie au-delà des droits civils et politiques ?

Certains droits civils et politiques ont été donnés par délégation à la justice et aux politiques, cette délégation de droits s’exprime dans les assemblées qui légifèrent pour le plus grand nombre, elles sont renvoyées régulièrement devant l’électeur, c’est ce que l’on appelle la démocratie indirecte.

Mais quels sont les autres droits du citoyen :

  • Droit de libre circulation en France et en Europe (accord de Schengen) ;

  • Droit de penser ;

  • Droit de se réunir ;

  • Droit à l’éducation ;

  • Droit à la santé ;

  • Droit à l’habitat ;

  • Droit de religion ;

  • Droit au travail ;

  • Droit d’être heureux ;

  • Droit de vivre selon sa convenance (droit à inscrire dans la constitution).

Certains de ces droits n’existent pas, j’en suis conscient, mais qu’importe, les socialistes sont des gens plein d’espoirs ils doivent innover, que ce soit en matière de droits, ou en toutes autres matières, l’essentiel étant d’améliorer la condition du plus grand nombre.

e).- Comment définir le cadre de la citoyenneté sociale ?

La citoyenneté sociale est définie par le travail, qui devrait devenir un droit et par ce qui découle de ce nouveau droit, santé, logement, éducation. Elle est aussi définie par l’appartenance à un groupe social bien défini, mais, qui doit évoluer dans la vie de travail, vers une amélioration des conditions de travail, mais aussi par une progression dans l’échelle sociale au cours de la vie de travail.

Mais ce droit, en devenir, est battu en brèche par un facteur essentiel : le capitalisme ou son fils préféré le libéralisme. Sans pour cela revenir au marxisme pur et dur, il faut contrer ce capitalisme et ce libéralisme qui mettent ce droit au travail tous les jours aux poubelles de la société. C’est pourquoi, sans arriver à un anti-libéralisme forcené ou à une social-démocratie qui ne fait qu’aménager le libéralisme, il nous faut trouver une voie, ni contre, ni chèvre, ni choux. Cette voie est à définir et doit emmener les socialistes vers quelque chose qui ne soit ni le libéralisme (c’est Sarko), ni la démocratie sociale, ni vers le centre (ventre mou de la politique) et encore moins vers l’anti-libéralisme – alter quelque chose… A nous de définir notre voie.

f).- Qu’est-ce que la solidarité sociale ?

Être solidaire, s’est s’entraider. Toutes les manières de l’entraide doivent êtres explorées. Je ne parle pas ici des divers O.N.G qui dans le monde donnent leur entraide pour les peuples qui ont des problèmes. Je parle ici des O.N.G nationales qui devant la carence de l’Etat ont pris le relais. Si l’Etat faisait son travail, Emmaüs, ATD quart-monde, le Secours populaire, le Samu social ou la Croix rouge n’auraient plus lieu d’exister, si ce n’est à l’extérieur du territoire national ou européen. Donc cette solidarité n’est plus à l’heure actuelle que fournie par des organismes bénévoles privés à qui l’Etat a délégué son pouvoir subrepticement en se désengageant petit à petit de son devoir de solidarité sociale envers son peuple. Il faut donc que l’Etat reprenne à sa charge ce droit et ce devoir de solidarité. Mais ceci n’est qu’un des aspects, les plus criants de la solidarité sociale, d’autres devront êtres explorés.

g).- L’égalité des chances est-elle une fin en soi ?

On l’a vu plus haut que l’égalité des chances n’était pas effective. Naître dans un milieu ouvrier ou employé, où même dans une famille d’immigrés, n’est pas naître dans un milieu de cadres, de bourgeois ou d’universitaires, les chances ne sont pas les mêmes. Pourtant les moyens existent pour pallier ces carences financières ou intellectuelles. Il est certain que l’école de la République a failli quelque part à sa tâche en nivelant dans un certain nombre de domaines (collège unique, tranche d’âges au bac, tous à l’université, etc.). Je n’ai pas de solutions miracles pour changer cette mauvaise donne, mais bons nombres d’enseignants ou d’universitaires ont des solutions que les politiques n’ont pas le courage d’appliquer, ils laissent cela aux technocrates des ministères et des Académies. Mais l’égalité des chances n’est pas que dans l’éducation, elle est aussi dans la santé, le logement, le travail et la ghettoïsation dans des quartiers qu’aujourd’hui on dit sensible, mais qui ne l’étaient pas il y a quelques années, renforce cette inégalité des chances, il nous faut, nous socialistes, trouver des solutions innovantes pour pallier ces inégalités et faire rêver les Français.

h).- Comment repenser l’Etat providence dans une économie de marché ?

N’étant pas économiste de formation, je ne puis donner une orientation positive à cette question, je laisserai répondre des personnes ayant cette formation, et nous en avons pas mal au P.S. Toutefois, il ne faut pas croire que cette question doit être exclusivement le fait de spécialistes, chacun doit pouvoir y réfléchir, et, ensemble nous pouvons donner des solutions, des orientations pour le bien du plus grand nombre.

i).- Comment repenser la Nation ?

Ici le terme de Nation doit être compris sans que l’on se crispe sur l’Etat Nation, mais plutôt dans un ensemble de nations européennes dans sa globalité avec les bons et les mauvais côtés de l’Europe actuelle. Entité bureaucratique loin des conséquences de ses décisions et ne répondant pas à ce qu’en attend le citoyen.

Alors, qu’est-ce que la Nation ? , un vague concept ou un ancrage viscéral du peuple qui y contribue. Il nous faut revenir au concept même de la Révolution qui avait cristallisé ce symbole d’abord dans une cocarde, puis un drapeau, puis dans une figure emblématique qui aujourd’hui encore orne nos mairies sous les traits d’une femme au chapeau phrygien ou sans chapeau, et même dernièrement pour affirmer l’attachement de la France à la Corse, l’on a choisi Laetitia Casta (une Corse) comme symbole de la Nation. Donc cette figure ou concept représente ce qui pour chacun, sans le savoir ou en le sachant, est la Nation. Ce concept est aussi dans l’Europe, un concept extraterritorial qui n’est plus un symbole de plâtre, mais par le drapeau bleu aux étoiles d’or. À tel titre, qu’à présent, depuis 1981 et François Mitterrand, les deux symboles (drapeaux français et européen) sont présents lors de toutes les manifestations (présidentielles, dans les préfectures, départementales et de régions, et aussi dans presque toutes les mairies, aux monuments aux morts, et depuis peu à l’Assemblée Nationale).

Après cette digression emblématique, le concept de Nation est une appartenance à un groupe qu’il soit national ou européen. C’est aussi faire partie à part égale d’une entité territoriale ou extraterritoriale. Cette appartenance n’est pas quelque chose de palpable, c’est un sentiment intérieur fort qui ne se transcende qu’en de rares occasions telle la coupe du Monde gagnée par la France et le rassemblement de tout un peuple sur les Champs Elysées, ou le défilé du 14 juillet sur ces mêmes champs. Mais ce sentiment, hors des quelques manifestations comme celles qui sont citées plus haut est ancré dans l’inconscient collectif de la Nation. Pour ce qui est de l’appartenance à la Nation européenne, cela est plus diffus dans l’inconscient des Français, trop récent, trop lointain, trop technocratique. Tant qu’ils n’auront pas ce sentiment d’appartenance les Français seront très réticents envers l’Europe. À nous de faire les efforts pour que ce sentiment d’appartenance progresse dans le cœur de nos concitoyens.

Voilà, j’ai exposé certaines idées de ce qui doit être le début d’une rénovation du Parti Socialiste.

Mais c’est ma conception, elle n’est pas fermée, c’est en quelque sorte une contribution à la discussion, d’autres pensées peuvent la rejoindre, l’approcher ou même être en complète contradiction, c’est de la discussion que jaillira la lumière, et, au P.S., nous avons besoin de beaucoup de lumière depuis quelque temps.

Pour finir je rappellerai la phrase de Léon Blum qui terminait mon article de juin et qui est toujours de l’actualité d’une rénovation : « Il faut que nous montrions tout à la fois que nous sommes toujours le même parti socialiste et que nous sommes en même temps un parti socialiste renouvelé, rajeuni, transformé ».

18.07.2007

Eternel recommencement ! Par Jean-Pierre Leroy

De 1921 à 1936 ! Une refondation de la SFIO brusquement interrompue par la 2de guerre mondiale.

En 1945. Refondation au sortir de la résistance.

1967, refondation avec la FGDS au sortir de l'épreuve algérienne et de la décolonisation.

1969, Nouveau parti Socialiste.

1971. Epinay.

Le Parti d'Epinay a-t-il vécu ? Il semble que oui.

Avant de refonder encore faudrait-il se mettre d'accord sur la nature des déviances, des avaries, des faiblesses de la construction.

Un parti qui manifestement n'a plus d'impact dans l'opinion publique estun parti qui n'a plus le contact avec les populations. Une question de fonctionnement? Certainement. Une question de nature ? A coup sûr !

Un parti ne doit-il pas être une organisation de défense, sachant organiser les luttes, proche des diférentes catégories de la population? Il n'est pas difficile de segmenter la population et de se poser vis à vis de chacune de ces catégories comme "défenseur" afin de faire valoir l'utilité d'une tellle organisation tout en donnant une conscience collective.

Avant d'être un parti de gouvernement il faut être un parti de luttes. C'est là que se gagne la légitimité à gouverner.

Un parti socialiste doit aussi fonctionner comme une association d'éducation populaire. Il faut arrêter de n'être que l'agence de gestion des patrimoines électoraux. Ce n'est pas cela qui est premier. Même s'il faut y venir pour accéder à la fonction gouvernementale.

Il faut rendre le parti aux militants.

Depuis 1971, il a été progressivement accaparé par les élus nationaux. Il faut interdire le cumul de la fonction de 1er secrétaire avec celle de député. Il faut qu'il y ait suffisamment de cotisations d'élus pour dédommager les camarades qui ont à se consacrer à plein temps aux tâches nationales. Ce serait plus clair et plus sain. Il ne manque pas de talent qui n'ont pas la chance d'être élu national.

A tous les échelons, de la section à la fédération, il faut séparer les mandats électifs des mandats associatifs. Nos concitoyennes et concitoyens ont besoin de cette clarté.

A grand traits voilà pour le PS.

ET POUR LA GAUCHE ?

La situation nous impose de constituer un contre-gouvernement. Vaste tâche d'animation encore une fois d'éducation populaire. Dès maintenant, à chaque ministère son contre ministère. Façon populaire de suivre l'actualité. Il n'est pas besoin de désigner des contre-ministres mais de créer des groupes de travail nationaux se déclinant dans les régions. Avec les moyens modernes d'animation, c'est la seule solution pour créer un vaste mouvement populaire qui tout au cours des 5 années ne fera que s'amplifier. Pour effectuer ce travail "d'états généraux permanents" domaine par domaine, il n'est pas besoin de négociation entre les organisations, celles-ci peuvent continuer à avoir leur vie propre mais le rassemblement se construit en allant. Les convergences et les divergences interagissent dialectiquement pour le bénéfice de tous.

Courage!

Jean-Pierre LEROY
Principal de collège honoraire.
Ancien Conseiller général du Nord
Militant depuis 1959.

17.07.2007

Appel pour une confédération des courants de gauche du PS, par Olivier Gaya et Jérémie Meurisse

Comme tout militant socialiste et comme de nombreux citoyens, la période électorale que nous venons de vivre nous a profondément déboussolés. La victoire de l’UMP, réunissant l’ensemble des « trois droites » française (libérale, conservatrice et nationaliste) est sans appel.

Il est inadmissible de dire, comme il est de coutume au PS depuis trois élections présidentielles, que l’on ferra mieux la prochaine fois. Qu’il suffit d’attendre, tel un « Poulidor politique », tranquillement notre tour. Attendre que la Droite, par sa gestion calamiteuse des affaires publiques, soit chassée du pouvoir.

Il est plus que temps que nous tirions les leçons de ces défaites successives. Leçons qui ne pourront s’opérer qu’au prix d’une remise en cause fondamentale de l’orientation politique actuelle du parti socialiste ainsi que de son fonctionnement.

 
Il est du devoir de chaque camarade de bousculer les élus et les cadres du Parti pour travailler, avec l’ensemble des militants, à une introspection idéologique, préalable nécessaire à toute victoire future.

Il est du devoir de chaque militant d’être le gardien vigilant des valeurs que porte notre Parti, et plus largement la Gauche, depuis plus d’un siècle.

En ce moment, une vaste entreprise d’intoxication politico médiatique consiste à nous faire croire que le clivage gauche droite est dépassé.

Dans la ligne de cette idée de dépassement du clivage, certains cadres du parti croient voir la droitisation du pays par le fait que l’U.M.P. ait gagné les élections. Or, l’individualisme, le déterminisme, les droits du plus fort ou du plus riche, le communautarisme, la financiarisation de tous les rapports sociaux, l’abandon politique au profit des dogmes néolibéraux «régulateurs» sont des valeurs qui ne correspondent pas aux Français, encore faut-il leur proposer une alternative.

Il est du devoir de chaque militant de leur rappeler que la priorité d’un socialiste ne consiste pas à se faire élire coûte que coûte mais à lutter contre toutes les formes d’injustice.

Il est du devoir de chaque militant de combattre l’idée de certains dirigeants du Parti, qui militent ouvertement pour une gauche sécuritaire, en prônant par exemple la fin de l’assistanat et le retour des valeurs morales alors que le socialisme est avant tout un Humanisme.

Il est du devoir de chaque militant de porter l’idéal socialiste de solidarité, de laïcité, de justice sociale, d’égalité, de volonté politique et de redistribution des richesses au coeur de l’action politique. C’est en jouant notre propre jeu, basé sur une histoire riche et sur ses valeurs que nous constituerons un projet de gauche, que nous rencontrerons à nouveau le succès et pourrons nous mettre au service de nos concitoyens.

Parce que nous savons que ces devoirs sont partagés par la grande majorité des militants du Parti Socialiste, notre Maison Commune, nous faisons le rêve que des militants se trouvant dans différents courants puissent travailler ensemble sur des convergences communes.

Entendons nous bien il ne s’agit pas là de faire fi des analyses différentes voire divergentes, des propositions particulières de chacun des courants de notre Parti. Il ne s’agit pas bien sûr de créer un énième courant fractionnant encore un plus le PS en chapelles multiples dont l’identité particulière tient plus au prêtre qui l’anime qu’à la doctrine qui l’habite. Il s’agit uniquement de créer une confédération, au plus, une coordination, au moins, qui permette à chaque militant de travailler ensemble à la défense des idéaux et des valeurs du PS.

Nous faisons le rêve que ces militants veulent, tout en gardant leurs spécificités, travailler dans un espace commun que nous définirons ensemble.

Nous faisons le rêve que les militants de chacun de ces courants aient confiance en des camarades ayant des convictions communes et une orientation partagée de ce que doit être un Parti Socialiste, à savoir un Parti de Gouvernement, mais de gauche.

Notre devoir de militant est énorme nous devons nous mettre à la hauteur de l’enjeu. Il n’est plus temps de tergiverser en appelant à l’unité des courants de la gauche mais en faisant rien ou si peu pour la réaliser.

Notre devoir de militant consiste bien à asséner sans cesse cette demande d’Unité.

Devant les risques que fait peser une droite décomplexée à notre pays mais également devant les réponses peu satisfaisantes prônées soit par l’aile sociale-libérale soit par l’aile sécuritaire de notre Parti, il est du devoir de chaque militant, qu’il soit élu, cadre du Parti ou simple militant, de se mettre sans tarder au travail, ensemble, dans cet espace de confédération ou de coordination.

C’est notamment à ce travail que les Diversités d’été de notre collectif, organisées à la fin du mois d’août, entendent s’atteler.

Nous appelons donc chaque militant se reconnaissant dans cette démarche à demander, influencer, pousser et militer auprès de leurs différents leaders et responsables pour réaliser cette convergence d’intérêt afin de défendre les valeurs essentielles inhérentes à notre Parti.

Mobilisons-nous autour de nos valeurs communes et construisons notre propre avenir

Olivier Gaya et Jérémie Meurisse, militants socialistes du Nord et membres du CSPRG.

14.07.2007

Ils participeront aux Diversités d'été

Les premières personnalités qui nous ont confirmé leur participation aux Diversités d'été
 
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Michaël Moglia,
Marie-Noëlle Lienemann,
Marc Dolez,
Gérard Filoche,
Guillaume Bachelay,
Emmanuel Maurel

Tous socio-démocrates ? Par Ledub

J'ai entendu il y a peu à la radio Henri Emmanuelli répondant à une question qui se voulait perfide que le PS était bel et bien social-démocrate depuis qu'il avait refusé en 1983 de quitter le serpent monétaire européen. Lu la même chose sous la plume de Filoche.

Jospin avait déclaré en son temps que le PS était pour l'économie de marché mais contre la société de marché.

J'ajouterais volontiers que l'économie de marché étant intrinsèquement perverse, il faut combattre ses méfaits et pourtant vivre avec, en la domestiquant, en faisant progresser la société vers toujours plus de justice et de bien-être social. Et le jour où les « plus révolutionnaire que moi tu meurs » auront trouvé une autre solution que l'économie administrée à la soviétique comme modèle de société future, on pourra penser de nouveau à faire la révolution.

Du coup, il semble que la seule tendance non « sociale-démocrate » du PS soit celle de Mme Royal, attirée par un alliance centriste sous couvert de « rénovation-modernisation » et atterrante par ses options familialo-nationalo-populistes pour le moins bizarres. Néanmoins, elle pourrait, forte du nombre des suffrages qui se sont portés sur elle (mais oublieuse du pourcentage que cela représente), et de sa détermination si bien exprimée du balcon de Solférino le soir du 6 mai, tenter de conquérir la direction du PS pour en faire une machine électorale à son service pour 2012. Le PS devenant alors, comme j'ai vu sur un blog « Désir d'avenir socialiste » !

 Il me semblerait donc utile, dans la période actuelle, que les principaux courants du PS non ségolâtres (DSKistes, Emmanuellistes, Fabiusiens, Filochards, Mélenchoniens, CSPRGistes et autres NPS) se parlent et voient ensemble ce qu'ils entendent exactement par social-démocratie, socialisme, et puissent se retrouver rapidement sur une charte socialiste, progressiste (comme on veut pourvu qu'elle fixe des objectifs crédibles) qui pourrait servir de base au futur programme de la gauche.   "

13.07.2007

Covoiturage pour aller à La Rochelle

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1 voiture avec 6 places disponibles qui part d'Arras

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1 voiture avec 3 places dispo qui part de Lille

Si cela vous intéresse, envoyez un mail à diversitesdete@free.fr

N'aurions nous que deux choix ? Par Eric Franques

D'un coté le parti sclérosé, ou les luttes fratricides sont où seront légions pour quelques morceaux de pouvoir ou Ségolène la nouvelle reine du peuple forte de ses 17 millions de voix avec lesquelles elle assoie une légitimité fort controversée pour déjà se proclamer la future candidate aux prochaines élections présidentielles ? Fi des militants !

Le piège du présidentialisme de la Vème République se referme sur notre choix ! Il en est des lois comme des digues, la brèche d'un seul endroit y rend tout le reste presque inutile. Comment ne plus se mordre la queue avec ces institutions qui bafouent les fondements de la démocratie ? Rénovons et refondons mais sur des axes fondateurs innovant et reniant les dérives institutionnelles, économiques, environnementales et sociales de notre société. La volonté de proposer une nouvelle société Française inventant des pratiques d'exemplarité pour ce monde si dévoyé est elle présente ?

Les valeurs Démocratiques, Laïques et Républicaines rénovées seront mon choix !

 

Analyse des élections par les membres d'Attac

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« Quelle analyse de la situation post-élection présidentielle 2007 et quelles perspectives ? »

L’élection présidentielle a rendu son verdict. La mise en œuvre du programme du président élu est devant nous. Avec pour perspectives de nouvelles attaques des droits sociaux, une relance de l’intégration économique européenne dans la mondialisation libérale, tout en jouant sur le registre de la peur et sur les ressorts de la xénophobie.

Dans ce nouveau contexte politique, Attac doit renouveler sa réflexion et définir une stratégie pour rendre plus efficace son action d’éducation populaire, d’autant plus que nombre de citoyens appartenant aux catégories populaires se sont laissé séduire par un discours en appelant à l’ordre et à la sécurité.

Pour consulter toutes les contributions 

12.07.2007

3 conditions pour l'ancrage à gauche, par Jean Cantel

Un véritable ancrage à gauche ne pourra jamais se faire si, dans l'ordre, on ne redéfini pas les 3 points suivants :
 
  • La laïcité. Tout le monde prononce ce mot mais les faits sont totalement à l'opposé.

  • Les services publics. Europe ou pas Europe il faut définir les services publics et non se contenter des SIG.

  • La décentralisation. Voulue par la droite comme par ceux qui se disent de gauche est une aberration dans une République laïque une et indivisible. A ce propos on fait tout le contraire les grandes entreprises se re concentrent et la République se divise. Voilà un sujet qui mérite une grande réflexion.

Pour un parti Marxien. Par Pépère de Betapolitique

Je propose comme solution que le PS se définisse comme Parti MARXIEN. Basé sur la recherche de Karl Marx réévaluée de façon critique. Basiquement : ses raisons, ses torts, ses concepts mitigés.

Marx avait raison, ce sont les travailleurs, dans la division du travail, qui créent la Richesse qui permet d’échapper au poids implacable et mortel du réel quotidien (la Nature est implacable, mais maîtrisable… par le Travail). Toute la vision de l’Histoire doit être renversée en partant d’abord de la valeur Travail, et non plus de la vie des oligarchies appelées « élites » : car c’est là partir de ce qui nous permet de survivre quotidiennement et de nous développer, ce sans quoi il n’y aurait pas de lendemain. L’Histoire des derniers 5000 ans au moins est l’histoire du développement explosif et de la massification de l’Humanité, ceci dans le cadre d’Economies d’exploitation du travail du grand nombre par des oligarchies (successivement esclavagisme, féodalisme et capitalisme). Pourquoi ? Probablement parce que les humains vivaient antérieurement en tribus confrontées à la loi de la jungle de la Nature, et ont « naturellement » appliqué cette même logique aux groupes humains dont ils devenaient les « prédateurs ». L’Histoire des derniers 5000 ans est celle de l’émergence d’une Humanité unifiée et des Droits de l’Homme de chaque individu. Les société d’exploitation de l’homme par l’homme sont une période temporaire où par tâtonnements évolutifs se sont peu à peu imposé les 2 valeurs princeps : collectivement l’Humanité unique et individuellement le Droit de chaque être humain.

Mais nous sommes toujours dans la 3ème société de Classe, le mode de production Capitaliste : les grands capitalistes achètent la capacité de travail des salariés (ou indirectement pour certains artisans), et s’approprient le fruit du travail. Puis vont sur le marché vendre ce produit au plus offrant selon la loi offre / demande. Dans le cadre de la liberté du capital, ils se font concurrence sur le marché : ça forme un réseau d’échanges où aucune valeur n’est absolue, car elles se déterminent toutes les unes par rapport aux autres. Mais la Valeur fondamentale est donnée par la quantité de travail utilisée pour produire telle marchandise, cette valeur étant latente par rapport à la valeur manifeste du marché exprimée en argent , qui elle mélange la Valeur fondamentale quantité de travail et le coefficient loi offre / demande, le 2ème pouvant moduler en hausse et baisse la première.

Le Capitalisme est paradoxal : occasionnant un gigantesque progrès productif, il détruit en même temps une bonne part de ses bienfaits par ses nuisances sociales et écologiques. Pourquoi ? Pas parce que les capitalistes seraient « méchants ». Mais parce que son moteur de base est la légitimation de la cupidité égoïste, érigée en grande valeur de progrès : « faites du profit ! ». Ce moteur a pour effet positif de pousser à réduire, autant que le nécessite la concurrence sur le marché, la quantité de travail nécessaire à chaque production (augmentation de la productivité), et autre acquis, d’augmenter sans cesse les capacités technologiques (progrès technique). Et pour effet négatif de faire sans cesse pression à la baisse sur le salaire, sur le nombre de salariés employés, sur les dépenses d’assurances sociales (maladie, chômage et retraite).

Cette force de pression contre le Travail (pourtant la poule aux œufs d’or !) provient d’une cause immédiate, le rapport de force inter capitaliste sur le marché, et d’une cause structurelle exerçant une contrainte lente et implacable : la baisse tendancielle du taux de profit , de la profitabilité (le taux de profit moyen à ma connaissance était de l’ordre 100% l’an (et plus) au « temps béni » des conquêtes coloniales, de 50% l’an au milieu du 19ème siècle, et est tombé à 15% l’an aujourd’hui -chiffres à vérifier- ). Ce phénomène découvert par Marx, on peut d’ailleurs l’« expérimenter » en étudiant l’évolution des catégories nouvelles de produits introduits sur le marché : au début la profitabilité explose (« bulle Internet ») , puis selon une courbe sigmoïde, elle tombe en pente plus ou moins douce vers un minimum (est-ce zéro ? je ne sais pas.). C’est la baisse tendancielle du taux de profit qui expliquerait les délocalisations, et qui expliquerait ce fait ignoré des « journalistes » économiques , qui pourtant crève les yeux, que les USA prennent le risque incroyable pour la stabilité du monde capitaliste d’investir massivement dans un pays tenu d’une main de fer par un parti communiste , la Chine : c’est bien que le risque de déstabilisation est considéré comme secondaire par rapport à l’impérieuse nécessité de maintenir un taux de profit suffisamment élevé pour garantir que la concurrence entre capitalistes ne dégénère en guerre sans frein (il est à noter que l’explosion de l’économie criminelle -appelée à représenter 20% de l’économie mondiale d’après Jacques Attali ! - est déjà une réalité dans cette guerre sans frein du profit maximum « de tous contre tous ») .

Marx avait tort : la Démocratie n’est pas un simple subordonné de superstructure par rapport à l’infrastructure économique. Comme le Corps et la Parole, la Démocratie est une BASE , une condition NECESSAIRE, à l’exercice par les Travailleurs ET du Travail ET du pouvoir politique. Ce qui est une superstructure subordonnée est le CONTENU de la politique et du droit d’une époque. A l’extrême il y a la Démocratie directe où chacun dirige à chaque instant la vie sociale ; la démocratie participative est la forme approchante aujourd’hui ; et la démocratie représentative (par élection pluraliste) la forme courante actuelle. Que les laborieux s’emparent de, et se responsabilisent dans, la démocratie est impératif ; non pas comme dans le mouvement communiste en tant qu’opportunité d’alliance temporaire en attendant l’instauration d’un régime dictatorial, mais au contraire comme forme organique, valeur de base du mouvement des travailleurs.

Marx avait et raison et tort : raison, car la société capitaliste ne sera pas éternelle (comme elle ne fut pas de toujours) : elle sera dépassée par un mode de production plus performant pour la survie et le développement de l’immense majorité des êtres humains ; et ceci risque de se passer de façon fort cahotique puisque le comportement capitaliste est foncièrement égoïste et que cette classe est férocement (et le mot est faible) attachée à ses privilèges (d’autant qu’elle s’aveugle sur les souffrances des exploités , autant que nécessaire au maintient de son illusion de légitimité historique et de sa bonne conscience : la logique du « deux poids , deux mesures » lui est naturelle !).

Tort de ne voir que le Salariat comme classe révolutionnaire « qui n’a à perdre que ses chaînes » et libératrice de l’Humanité pour instaurer la société sans classe : le salariat a pour idéal de trouver un emploi, si possible de fonctionnaire. Et lors de sa domination sous tutelle des partis communistes, on n’a vu QUE des sociétés totalitaires et tyranniques, au lieu des sociétés humaines et libres annoncées. Il est fort possible que cette partie de l’analyse de Marx soit forcée et historiquement fausse. L’hypothèse du renversement du mode de production capitaliste par le mode de production du Savoir (sapientique) peut résoudre, à mon avis, cette contradiction et dépasser l’erreur de Marx : ce pourquoi je nomme ce mouvement le mouvement marxien, et non plus marxiste, d’autant plus que pour la classe du Savoir, la Liberté est une valeur fondamentale.

La question marxiste de « la dictature du prolétariat », qui de fait n’a jamais été que la dictature d’une oligarchie, se pose alors de 2 façons : soit elle est antidémocratique, soit elle ne concerne que les mesures défensives exceptionnelles que la Démocratie doit opposer à des forces fascistes.

Mon opinion est que

- la société capitaliste est à son apogée historique : elle entreprend sa « globalisation » qui prendra quelques décennies. Ceci implique que le « dépassement » du capitalisme est un cul de sac politique pour qui veut agir maintenant, et que la seule voie est celle de Blum et de Jospin : être les « gérants loyaux du capitalisme » en imposant et organisant sa régulation dans l’intérêt premier des travailleurs et de leurs familles, donc de promouvoir la performance concurrentielle mais en corrigeant la nuisance sociale et écologique dès le départ dans le contrat social .

- Cette politique est possible et nécessaire dans les pays développés, à commencer par l’Europe ; mais dans les pays paupérisés par les grands capitalistes, les socialistes savent qu’une révolution peut être nécessaire. Ils refusent donc de crédibiliser la désinformation orchestrée par les grands capitalistes et leurs agences ou Etats subordonnés, par exemple ils refusent de vilipender outrancièrement les mouvements communistes et reconnaissent leurs acquis historiques, principalement pour avoir réussi à amorcer la libération des femmes à l’échelle internationale ou l’accumulation économique dans de grands pays sous développés comme l’Inde ou la Chine. Ceci n’empêche pas une critique ouverte contre l’antidémocratisme du mouvement communiste et ses excès criminels directement liés à l’absence de démocratie pluraliste et donc de vrais contre pouvoirs.

- La société capitaliste sera dépassée dans le futur pour 2 raisons : D’une part parce que sa logique de base est égoïste et ne peut donc à terme répondre à des questions d’intérêt général sociologiques et écologiques. Et d’autre part parce que, quoiqu’ aujourd’hui seul le capitalisme (privé ou d’Etat) fonctionne efficacement à l’échelle mondiale, s’annonce déjà le mode de production futur : le mode de production sapientique basé sur le savoir. C’est dû à ce que le noyau vital du Travail est le Savoir. Or nous sommes entrés dans l’Age de la science depuis plus de 2 siècles. L’effet qui en a découlé est une révolution du rapport au monde de l’être humain. De plus c’est la relation même au savoir qui a changé : les techniques informatiques et de communication installent peu à peu les outils robotiques (le PC en est une forme), annonçant les futurs robots.

L’idée est que le mode de production (mdp) du Savoir dominera et contrôlera le mdp capitaliste en son sein (et les résidus de mdp féodal ; ainsi que la fonction parentale , seule trace licite du mdp « esclavagiste »où une personne, l’enfant, « appartient » à une autre, le parent), grâce à des rapports de production similaires à ceux qui règnent dans des équipes techniques, éducatives ou de chercheurs, où le savoir est la première valeur. Et le moyen matériel qui en assurerait la possibilité serait justement la robotique (de « main d’œuvre », de communication, d’informatique…). Bien entendu, le Savoir s’assurera toujours de la rentabilité en terme de productivité du travail humain, mais en prenant intrinsèquement en compte les conséquences sociales et environnementales dans l’évaluation de la « rentabilité réelle ». Et le Savoir impliquera la prospective pour envisager dès le départ des développements possibles, même si la rentabilité capitaliste à court terme peut sembler négative. Ces idées ne sont plus utopiques : elles sont déjà à l’œuvre aujourd’hui, et on constate sans cesse le développement du conflit entre les intérêts des classes capitalistes et ceux des couches « diplômées ».

- Il est donc logique du point de vue marxien d’envisager la Démocratie comme le lieu de la lutte des classes , avec ses affrontements et ses compromis, entre d’une part les capitalistes, et d’autre part les « diplômés » et les salariés, ainsi que les artisans exploités par les capitalistes. Autrement dit, nous sommes irréductiblement partisans de la démocratie (représentative, participative, et autant que possible à l’époque, directe), et en même temps, partisans d’une lutte des classes dominées pour imposer leur propre logique à la classe dominante.

- C’est sur la base de l’alliance fondamentale entre la classe du Savoir et la classe Salariée que doit se construire le grand parti de la gauche, pour entraîner avec lui l’ensemble de la Gauche. Et sur cette base peuvent alors se développer les alliances et les compromis avec les autre forces sociales et politiques connexes, ou plus, avec tel ou tel patronat dans le cadre d’une politique de négociation et de contrat donnant-donnant.

Sinon, ce sera comme lors de la présidentielle de 2007 où on a mis la charrue avant les bœufs : on a soit traité le tactique (les alliances conjoncturelles ; les amitiés personnelles) avant le stratégique (l’analyse et les alliances de classe ; les compétences), soit pour certain(e)s on a calculé délibérément de faire basculer le PS vers le centre en abandonnant le rôle, indispensable aux travailleurs de France, d’un « Parti du Travail » (ni d’Albanie ! et ni à la Blair !) aux infantiles ou irresponsables de l’extrême gauche spécialisée dans l’impuissance ou la division de la Gauche. C’est à partir de la position marxienne de « Parti ‘Travailliste’ » que le PS pourra renaître et rassembler la Gauche, et au delà, pour gagner en 2012.

On a besoin en France et en Europe d’une Gauche de combat pour promouvoir les intérêts de classe des travailleurs ET d’une Gauche de négociation pour trouver les compromis acceptables dans le cadre républicain , pas d’une Gauche extrémiste « de combat SANS compromis », et pas d’une ‘‘Gauche’’ centriste « de compromission oubliant les intérêts de classe des travailleurs ».

Source : Betapolitique 

11.07.2007

Refonder pour quoi faire ? Par Maurice Conil

La refondation du Parti Socialiste ou rénovation est en route, certains veulent que cette refondation s’articule autour d’un pôle de gauche, avec les antilibéraux, les verts et le parti communiste (ou certains d’entre eux).

D’autres veulent un pôle libéral allant vers la social-démocratie de type Blairiste ou Schroderiste, Dominique Strauss-Kahn en est le fer de lance, il prône la social-démocratie à la française.

Cela me fait revenir quarante ou quarante-cinq ans en arrière. En ce temps-là, Guy Mollet régnait sans partage sur le P.S. de l’époque qui s’appelait, la S.F.I.O., deux tendances se partageaient le pouvoir, Les Mollétistes (à gauche toute avec l’Internationale, la lutte des classes et une réflexion profonde sur la gauche et le parti), l’autre avec Gaston Defferre (tendance droitiste avec l’alliance au centre et le compromis de classe : les prémices du libéralisme).

Contre De Gaulle, à la présidentielle, il fallait choisir un candidat. Lors d’un congrès extraordinaire, c’est la tendance de Gaston Defferre qui fût choisie au grand dam de la tendance représentée par le secrétaire général, Guy Mollet, alors au pouvoir dans le parti (pragmatisme de circonstance, ou magouille de couloir ?).

Le candidat désigné fût Gaston, d’abord secret (Monsieur X) puis nommément désigné. Contre De Gaulle, il fit 3% des suffrages. Devant ce fiasco, Guy Mollet donna sa démission, car on lui reprocha d’avoir laissé faire.

C’est Alain Savary qui fût élu à la tête d’une S.F.I.O. moribonde. Il transforma le parti en Nouveau Parti Socialiste (déjà entendu) puis en Parti Socialiste avec la rose au poing quelque temps plus tard.

La ligne de ce nouveau parti étant : à gauche toute avec des doctrinaires, des penseurs, des motions de combat et une alliance de désistement au deuxième tour des élections avec le P.C.F., c’est ainsi que naquît le désistement républicain

Savary a fait le lit de François Mitterrand qui arriva au P.S. quelques années plus tard, un jour à Épinay où il reçut une ovation de la part des militants socialistes.

Deux années plus tôt, il réunissait ses amis (une dizaine) dans une arrière-salle de bistrot à Alfortville, et c’est là que certains militants socialistes sont venus le chercher pour entamer le rapprochement et son arrivée au P.S. qui se réalisa à Épinay.

Entre temps, les Poperen, Rocard (qui avaient rallié le P.S. venant du P.S.U.) et autres, Chevènement, Sarre etc. avaient fait du P.S. ce qu’il est devenu sous le règne sans partage de Mitterrand. Sa grande victoire de 1981 et l’élimination programmée du P.C.

Aussi quand j’entends les caciques de la social-démocratie à la française (D.S.-K., Ségolène entre autres) faire l’apologie du libéralisme à la Blair, mes cheveux se hérissent en pensant au 3% de Monsieur X qui avait mis le parti de l’époque au rang du P.C. d’aujourd’hui.

Si nous devons faire une refondation et nous devons la faire, c’est sur le fond que l’on doit travailler, plus que sur la forme. La forme qui nous a fait chuter depuis trois présidentielles, à force de vouloir le pouvoir pour le pouvoir, on oublie l’essentiel, les électeurs.

Nous devons réfléchir à ce travail de fond qui fera revenir, non seulement les électrices et les électeurs vers nous, mais qui mobilisera de manière durable nos militants et en fera venir de nouveaux, car ils auront à nouveau l’espoir. Nous devons travailler surtout vers les jeunes qui formeront l’ossature future de notre parti qui remplacera les sexas et les quinquas.

Nous devons faire rêver les Françaises et les Français, c’est notre seul credo et pour les faire rêver ce n’est pas le pragmatisme de circonstance qui doit prévaloir, mais un travail de fond sur le pourquoi et non le comment du P.S., il faut se séparer du regard vers la ligne bleue des sondages.

Mais pour cela, il faut revenir aux fondamentaux, comme on dit au rugby, il faut que nous réfléchissions sur :

  • Qu’est-ce qu’un parti de gauche ? ;

  • Qu’est-ce que la laïcité ? ;

  • Qu’est-ce que l’égalité ? ;

  • Qu’est-ce que la démocratie au-delà des droits civils et politiques ? ;

  • Comment définir le cadre de la citoyenneté sociale ? ;

  • Qu’est-ce que la solidarité sociale ? ;

  • L’égalité des chances est-elle une fin en soi, ou bien doit-elle donner les moyens de se lancer ou relancer dans la vie ? ;

  • Comment repenser l’Etat providence dans une économie de marché ? ;

  • Comment repenser la Nation ?

Toutes ces questions sont fondamentales pour une refondation et doivent êtres abordés sans préjugés, ni a priori, sinon nous aurons une fois encore laissé passer une chance de redevenir l’espoir du peuple de gauche.

« Il faut que nous montrions tout à la fois que nous sommes toujours le même parti socialiste et que nous sommes en même temps un parti socialiste renouvelé, rajeuni, transformé. » Léon Blum.

Pour une gauche de gauche. Par Jean Bachèlerie Georges Martel

Pour que la gauche redevienne de gauche, il y a deux préalables : dénoncer le postulat idéologique du social libéralisme et reconquérir le monde culturel au sens large, en particulier redonner leur vrai sens au mot et à nos valeurs, dénoncer les brouillages et les détournements de sens. Le postulat de la modernité social-démocrate,  qui a ouvert la voie au social-libéralisme, part d’une vision erronée de la société.

Ce postulat résulte d’une projection de tendances des années 1970. Dans les années 1960  et la première moitié des années 1970, il y avait une tendance à la réduction des inégalités sociales et en particulier salariales. De la, certains penseurs ont cru pouvoir annoncer la fin de la classe ouvrière (ouvriers et employés). Cette classe viendrait se fondre dans une vaste classe moyenne, pour laquelle les enjeux sociaux deviendraient sociétaux. S’il n’y a plus de problèmes de classes sociales et de conflits sociaux, inutile de les raviver, au contraire désintéressons-nous des derniers conflits et concentrons-nous sur les problèmes sociétaux.

Cette affirmation, courante chez Rosanvallon, Giddens, Juillard,… a ouvert la voie au social-libéralisme. La disparition annoncée des ouvriers et employés a été démentie par le recensement de 1999 en France, 55% de la population active est formée d’ouvriers et d’employés. D’autre part la montée de la mondialisation a stoppé la réduction des inégalités et a provoqué le creusement des inégalités, la classe moyenne étant elle-même touchée par les conséquences de la mondialisation : stagnation des salaires, chômage, précarité, perte de perspective d’avenir.

Nous devons impérativement repartir de la société telle qu’elle est et nous préoccuper de la question sociale, cela doit être une priorité pour une gauche digne de ce nom. Une gauche digne de ce nom doit appuyer les revendications syndicales et non chercher à les détourner ou à les calmer, voire les ignorer ou les contrecarrer.

La reconquête de la culture passe par une clarification de nos fondements, de nos valeurs et le rétablissement du sens réel des mots.

ous prendrons deux exemples : la culture du consensus vise à la soumission à la pensée dominante et aux intérêts qu’elle promeut. Nous ne pouvons accepter une modernité qui consisterait à revenir au XIXe siècle et à un libéralisme économique et social pur et dur ni réinterpréter la Révolution française comme l’a fait François Furet. Nous ne pouvons accepter de faire des penseurs contre-révolutionnaires ou conservateurs la base de notre idéologie.

Le marché n’est pas la seule manière de régler tous les problèmes, et il ne sait pas se gérer lui-même.
La réforme, dans son sens profond, signifie correction en vue d’une amélioration. Nous ne devons plus accepter que ce mot soit détourné de son sens initial pour devenir le contraire au plan économique et social correction apportée en vue d’une régression. Nous devons plus laisser nos valeurs et notre culture brouillés par le social libéralisme ou le néolibéralisme.

Enfin le mot indépendance à l’égard des Etats-Unis d’Amérique ne doit pas être tabou, pas plus qu’un nécessaire protectionnisme, comme l’ont démontré entre autres Jacques Sapir et Emmanuel Todd. Notre vision de l’Europe doit être affirmée comme alternative à l’Europe marché.

Courage camarades, l’avenir nous appartient, à condition de reprendre l’offensive sans complexe, sans tabou, sans frontière, nous ne nous réclamons pas de la sociale démocratie européenne en faillite.

Jean Bachèlerie Georges Martel Militants PS Corrèze

10.07.2007

Y a-t-il encore un avenir pour la gauche ? Par Jacques Rodet

Y a-t-il encore un avenir pour la gauche ?
 
A cette question, et à la lumière des événements qui ont suivi la séquence électorale de ce printemps, nous pourrions être tentés de répondre par la négative ou de botter en touche en avançant que l'avenir de la gauche est lointain, autour de 2012, de 2017 ou même plus tard.

Il apparaît que c'est bien à partir de telles hypothèses que s'expliquent les nombreuses aventures personnelles de responsables du PS qui au choix, ont rejoint Sarkozy après avoir promu l'alliance du PS avec Bayrou, ont accepté des missions gouvernementales, ont délaissé l'espace politique français au profit de postes dans des organisations internationales, ont pris de la distance ou préparent leur retrait définitif de l'action politique de gauche.

Mais pouvons nous réellement imaginer que ceux-ci pouvaient, d'une manière ou d'une autre, par la simple évocation de leur passé de socialistes, incarner l'espoir et l'avenir de la gauche ? Poser la question c'est déjà y répondre.

Où peut donc se situer cet avenir ? Les réponses sont multiples et il me semble intéressant de les étudier non pas à partir des individualités, mais tout d'abord à partir des valeurs de la gauche, de leur débouchés idéologiques et programmatiques possibles, des attentes sociales de la population, puis dans un second temps, du point de vue des pratiques politiques et des formes organisationnelles. Je me limite ici à quelques modestes réflexions sur les valeurs.

Les valeurs de la gauche sont elles encore d'actualité ?

Il est tout bonnement incroyable qu'une telle question puisse être posée de la sorte tant il suffit de se retourner sur les cinq années passées qui ont vu régulièrement des mouvements de résistance de masse au libéralisme dont la mobilisation contre le CPE n'est pas le moindre exemple. Si la question se pose néanmoins c'est bien parce que les défaites subies sont avant tout le résultat d'une première défaite plus lointaine, plus insidieuse, plus quotidienne, la défaite culturelle dont la défaite idéologique est un avatar.

Que les français estiment pouvoir mieux « s'en sortir » par leurs efforts individuels dans un contexte de concurrence exacerbée entre les individus et non par l'action collective et le respect de tous et chacun en dit long sur la défaite culturelle qui touche la gauche.

Que la norme et son respect, tout comme celui de l'autorité prime dans les esprits en lieu et place de la diversité et de la transgression est tout aussi éloquent. Où sont les combats de la gauche en faveur des minorités ? Qu'avons nous fait du courage culturel qui nous a amené il y a plus d'un quart de siècle à abolir la peine de mort contre l'opinion publique ?

Une des valeurs fondamentales de la gauche est d'être du côté des faibles et des opprimés. Une manière de savoir si la gauche a un avenir est donc de nous interroger sur la manière dont aujourd'hui les militants de gauche s'intéressent, sont préoccupés, sont prêts à se mobiliser, agissent en solidarité avec ceux que la société française laisse de côté : privés d'emploi, précarisés, immigrés, exploités, handicapés, victimes, personnes agées, malades, petite enfance, minorités sexuelles, etc.

Sans solidarité voulue avec ceux-là, les militants de gauche n'ont pas d'utilité et la gauche ne peut avoir d'avenir.

Les mêmes questionnements doivent nous guider à partir des autres valeurs fondamentales de la gauche :

  • la liberté, la révolte, la transgression,

  • l'égalité, l'intervention de l'Etat, les institutions,

  • la fraternité, la solidarité, l'universalisme,

  • l'internationalisme, l'écologie, l'antimilitarisme, le pacifisme, l'utopie

  • etc.

Ce n'est qu'à partir d'un vaste travail de réflexion et de partage sur ces questions que non seulement nous pourrons répondre par l'affirmative à la question « Y a-t-il encore un avenir pour la gauche ? » mais que nous construirons cet avenir.

09.07.2007

Venir et se déplacer à La Rochelle

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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans oser le demander pour venir et vous déplacer à La Rochelle

Pour venir : en train, en voiture

Sur place : vélos jaunes, bus, bus de mer, taxis, location de voitures, parking du Forum des Pertuis 

 Accès à La Rochelle.pdf

05.07.2007

Venir au Diversités d'été - le plan d'accès

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Forum des Pertuis Quai du Lazaret - Port de Plaisance des Minimes – La Rochelle

De la gare : Ligne de bus n°10 - direction Les Minimes

De I'aéroport : Ligne de bus n°7 jusqu'à la place Verdun, puis ligne n°10 - direction Les Minimes.

De Nantes : A l ’entrée de La Rochelle, prendre direction Rochefort et emprunter la rocade. Première sortie "Périgny - Villeneuve les Salines" ; au rond-point, prendre la première à droite, puis suivre toujours "Port des Minimes - Forum des Pertuis" jusqu'à ce dernier.

De Bordeaux : A l' approche de La Rochelle, juste après le centre commercial, sortir direction " La Rochelle Gare". Suivre cette direction jusqu'au rond-point situé entre la rue R. Salengro et E. Normandin. Tourner à gauche, et suivre ensuite "Port des Minimes - Forum des Pertuis" jusqu'à ce dernier.

 

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 Plan d'accès Forum des Pertuis.pdf

04.07.2007

Formation des élus

Durant les Diversités d'été se tiendra une formation sur le thème « Communication, animation et médias, des enjeux fondamentaux pour les élus.

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Télécharger la plaquette : formation durant les diversités d'été.pdf

Le lieu des Diversités d'été

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Le Forum des Pertuis est situé à la pointe du port
des Minimes entre l’Océan et le Port de Plaisance. 
 
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Préparez votre séjour aux Diversités d'été - Hébergement

Pour réserver votre hébergement à La Rochelle

 

 Office de tourisme

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Chronique d'un échec annoncé. Par Christophe Thomas-Dargent

Camarades,

Le 6 mai 2007, le corps électoral a très massivement élu Monsieur Nicolas SARKOZY, président de la République.

La participation a été très élevée et nous ne pouvons que nous en féliciter.

Ainsi, les urnes ont parlé et nous devons respecter ce choix. Les manifestations de colère, si elles peuvent se comprendre, sont non avenues, la démocratie s’est exprimée, est passée ; de plus, politiquement, ça ne sert en aucun cas les intérêts politiques de la gauche qui est déjà bien mal en point et ce, depuis longtemps.

Les 10 et 17 juin prochain les Français donneront, à moins d’une énorme surprise, une majorité au nouveau président de la République, ça s’est toujours fait.

Nous combattons les idées, non les femmes et les hommes qui les portent.

Depuis 1969, la gauche dans son ensemble n’a jamais été aussi basse en pourcentage de voix, pourtant, à mon sens, cette élection, la gauche aurait dû la remporter haut la main, il n’y aurait jamais dû avoir le moindre doute quant à nos chances de victoire.

Après 5 ans de gouvernement auquel notre nouveau président de la République a participé en tant que ministre de l’Intérieur une fois, puis ministre de l’Economie et des Finances une autre fois, puis de nouveau ministre de l’Intérieur, après 5 ans de luttes sociales : rappelons-nous la réforme des retraites, l’échec de ce gouvernement au élections européennes, au élections cantonales et régionales, le refus du traité constitutionnel le 29 mai 2005, force est de constater qu’une fois de plus nous avons perdu.

Après trois élections présidentielles perdues, il faudrait quand même se poser des questions. Je peux concevoir la défaite de 1995, mais pas celles de 2002 et de 2007. En tant que socialiste, je le dis sans détours, le responsable de ces défaites est le Parti Socialiste. En 2002 les principaux dirigeants de ce parti ont mis la défaite sur le compte de la candidature de Mme Christiane TAUBIRA du PRG ou de Monsieur Jean-Pierre CHEVENEMENT du MRC. Ils ne sont pas responsables, si les électeurs n’ont pas porté leur suffrage sur Lionel JOSPIN, c’est qu’ils étaient simplement mécontents de son action. Nous étions en droit de penser que ce parti saurait tirer les leçons de ce cuisant échec pour réorienter son action envers la gauche, comme les électeurs le lui avaient déjà signifié aux élections législatives de 1986 et de 1993.

Suite au Congrès de Dijon en 2003, il n’en a rien été. Les dirigeants ont persisté dans leur ligne sociale-démocrate ou sociale-démocrate, je souhaiterai qu’on m’explique ce que veulent dire ces deux termes car je ne les comprends pas. Pour moi, il n’y a que le socialisme.

En 2005, rebelote, une partie de cette « nouvelle gauche » qui se droitise, appelle le peuple à approuver le projet de Traité Constitutionnel ; Lionel JOSPIN affirmant même que le OUI de gauche est compatible avec le OUI de droite. Sidérant !

Enfin, aujourd’hui, nous voilà partis pour une cure d’opposition d’une bonne dizaine d’années.

Je salue le courage de Mme Ségolène ROYAL qui n’a pas été épargnée par les attaques dont elle a été victime……par les membres du PS, à croire qu’ils ne voulaient perdre l’élection. Ensuite, son message était flou, elle ne suscitait pas l’espoir ; les simulacres de colère lors du débat contre Monsieur SARKOZY, des cafouillages, des propositions farfelues l’ont décrédibilisé, mais, il est vrai qu’elle était moins pire.

Depuis trop d’années, depuis 1983 et le grand tournant libéral, on ne vote plus par adhésion, mais pour le moins pire ou pour faire battre le candidat d’en face.

La gauche retrouvera le pouvoir lorsqu’elle portera en elle l’espoir du changement, de la rupture,

La gauche retrouvera le pouvoir lorsqu’elle sera décomplexée, or aujourd’hui on sent comme une honte d’être de gauche, ce serait ringard.

Alors les dirigeants socialistes demandent un grand parti de gauche, comme l’a souligné Dominique STRAUSS-KAHN, à juste titres, c’est un aveu d’échec de la part de François HOLLANDE, ça veut dire que le PS n’est plus un grand parti de gauche. C’est vrai le PS est moribond. Hier, lors de la nomination de François FILLON, premier Ministre, ce même François HOLLANDE dit que Monsieur FILLON n’est pas un homme neuf et mènera une politique de droite, LA PALLICE n’aurait pas dit mieux, pour faire des sorties aussi ineptes, faut-il être sot ? Faut-il se permettre de lui laisser le micro ouvert ? Faut-il le garder comme 1er secrétaire du PS ?

D’ailleurs, pourquoi faudrait-il que François FILLON mène une politique de gauche ? La droite, elle, n’a jamais déçu ses électeurs, elle n’a jamais déçu le grand patronat, elle n’a pas trahi, on peut au moins lui reconnaître cette vertu. Par contre la gauche, elle a trahi et à de nombreuses reprises : je le dis et je le répète, tout à commencé en 1983 et le tournant libéral.

On rajoute à cela le spectacle affligeant que la gauche antilibérale nous a montré, incapable de s’unir autour d’une ou d’un candidat qui porte le message du 29 mai 2005 lorsque tout est devenu possible et que rien n’a été permis. Tous les ingrédients d’une défaite annoncée étaient réunis.


RECONSTRUIRE

La candidature de Mme Ségolène ROYAL était l’un des signes révélateurs que le PS est moribond. Les militants ne se sont pas choisis une ou un candidat, mais une icône, comme on se choisirait un dieu ou un messie.

Depuis des années, le PS est traversé par des courants contraires, certains poussés vers ce qu’on appelle le centre, la nouvelle gauche, un parti démocrate, j’en passe et des meilleurs et tourne le dos sans équivoque aux idéaux qui l’ont fait : ceux de JAURES, de BLUM.

On ne peut parler d’une crise de croissance, c’est grotesque, mais à présent, le PS s’est coupé de ses racines populaires, ses cadres ne sont que haut-fonctionnaires, professions libérales, enseignants, fonctionnaires, je peux me tromper, mais à ma connaissance, parmi les cadres de ce parti, pas d’ouvriers, pas d’employés, pas de chômeurs ; non, que des gens qui « savent bien parler », des énarques ou diplômés de grandes écoles.

Alors, comme nous avons de nombreuses années devant nous pour tout reconstruire, nous avons à disposition un document de base établi en 2006 par Démocratie et Socialisme et Forces Militantes, intitulé pour une VIème République Sociale, il n’est sans doute pas parfait, il demanderait sans doute à être amendé, mais il a le mérite d’exister.

Mon sentiment personnel est qu’il faille arrêter de travailler avec des hypocrites, il est urgent de reconstruire la Gauche. Un nouvel Epinay ? Peu importe la manière utilisée, l’essentiel étant que notre camp se retrouve aux affaires un jour où l’autre pour mener ENFIN la politique nécessaire au plus grand nombre. Il n’y a rien de pire de faire croire qu’il n’y a qu’un seul système économique qui puisse fonctionner, en l’occurrence le système libéral, c’est une pensée unique contre laquelle il faut se lever.

Il faut se mettre autour d’une table, se dire les choses sans crainte et sans haine, aplanir nos différends et nos différences, je reste persuadé qu’il y a plus de choses qui nous unit que de choses qui nous séparent, à partir du moment où nous serons une gauche qui n’ait pas peur de son ombre, de son histoire, une gauche qui a une identité et qui est fière d’avoir pour illustres ancêtres JAURES et BLUM.

Les différents partis de gauche doivent d’ores et déjà prendre leurs responsabilités, notamment la LCR, elle se devra, lors de la reconquête du pouvoir, accepter de participer à un gouvernement et de prendre sa part au redressement de la France, rester dans la contestation ne dure qu’un temps et c’est un risque de marginalisation, mais Olivier BESANCENOT a montré qu’il était un battant.

Les partis de gauche doivent sans délai travailler avec toutes sortes d’associations (sportives, culturelles, de citoyens, de quartiers, etc) et d’organisations syndicales, pour reconstruire une alternative politique qui soit liée au quotidien des salariés, des personnes vulnérables, des personnes en situation de dépendance, qui prenne en compte les différents rapports du GIEC sur le changement climatique qui affectera nos vies et notre économie.

La France de 1789 illuminait de ses Lumières le monde entier, on s’inspirait de ce que nous faisions, notre étendard était la liberté ; à présent les données sont un peu différentes, puisque nous sommes dans un monde ouvert, dans une économie ouverte, au lieu de se faire concurrence, tous les pays devraient coopérer dans un seul et unique but : le bien-être de l’humanité, le bien-être de notre planète à qui nous devons tout.

Les instances telles le G8, la Banque Mondiale, l’OMC, se doivent d’aider les pays pauvres, en contrôlant l’utilisation des fonds ou en formant de la main d’œuvre qualifiée afin de développer ces derniers ; ce, dans un strict respect environnemental, ce qui passe par une action de formation à l’environnement qui pourrait être assumée par l’ONU, institution à vocation planétaire s’il en est, devrait à mon sens être étroitement associée et superviser le développement de ces pays en mettant en place des normes environnementales.

Pour un vrai ancrage à gauche. Social-libéralisme ou gauche radicale : une fausse alternative. Par Serge Ruscam

La lourde défaite de Ségolène Royal à la présidentielle, puis du PS aux législatives, impose de redéfinir la ligne politique du PS.

Je me situe dans la gauche du PS. Cela ne veut pas dire que je me sente militant d’une aile « radicale » du PS, qui s’opposerait à une aile « social-démocrate ». Je me propose ici d’argumenter à partir du fait que l’ensemble du PS est social-démocratei, que son aile droite est social-libérale et ne peut donc revendiquer la transformation du PS en un « vrai » parti social-démocrate – puisqu’il l’est déjà –, pour montrer que son aile gauche ne doit pas chercher à singer la gauche réellement radicale, qui refuse l’idée de participer à un gouvernement.

Depuis la présidentielle, l’aile gauche du PS ressort d’anciennes revendications : ce serait parce que S. Royal les a oubliées en route qu’elle aurait perdu. Ce catalogue de revendications est au mieux incohérent, au pire corporatiste, comme l’étaient aussi bien le programme de Lionel Jospin en 2002 que le projet socialiste de 2006 ou le Pacte présidentiel de S. Royal.

J’affirme au contraire qu’il est essentiel de repartir des objectifs pour construire un programme qui soit cette fois digne de ce nom.

Je propose comme objectifs prioritaires la lutte pour l’égalité et l’équité et la lutte contre la précaritéii. Ils doivent évidemment être intégrés dans une vision nationale, européenne et internationale.

 

Quelques exemples de mauvaises revendications

Les retraites

C’est par la réforme de 1993 qu’a été décidé le passage aux 40 ans de cotisation, pour les salariés du privé. Les syndicalistes qui participent à la gestion paritaire de l’assurance vieillesse considèrent unanimement que cet allongement est inévitable. Faudrait-il dès lors accepter que les fonctionnaires continuent, eux, à ne cotiser que 37,5 ans, et a fortiori que les bénéficiaires des régimes spéciaux et les fonctionnaires en « services actifs » partent à 55, voire à 50 ans ?

Revendiquer un « retour » à la retraite à 60 ans et aux 37,5 ans de cotisation repose d’ailleurs sur un mensonge. Avant la réforme de 1993, seuls cotisaient 37,5 ans ceux qui avaient commencé à travailler après 22 ans et demi : des hauts diplômés et des cadres, souvent des cadres supérieurs ; malgré la réforme de 1993, ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans continuent à prendre leur retraite à 60 ans ; avant la réforme Fillon 2003, les salariés qui avaient commencé à travailler à 14 ans cotisaient même… 46 ans : c’est la réforme Fillon qui a ramené cette durée à 42 ans.

Le SMIC à 1 500 €

Il s’agit du SMIC brut. D’une part, une hausse du salaire brut ne veut pas dire hausse du pouvoir d’achat : le risque est gros, et les politiques de la droite comme de la gauche l’ont déjà démontré, que ce qui est donné d’une main en salaire brut soit repris de l’autre en CSG, TVA socialeiii ou hausse d’autres prélèvements. D’autre part, elle signifie mécaniquement hausse du coût salarial, avec un cortège de défaillances, de délocalisations, et de hausse du chômage. Parler d’augmenter le SMIC brut sans dire comment on garantit l’impact sur le salaire net et le maintien de l’emploi est simplement démagogique.

Généralisation des 35 heures

Dans les entreprises où elles ont été mises en œuvre, les 35 heures ont dégradé les conditions de travail plus souvent qu’elles ne les ont améliorées ; les bénéfices en sont décroissants au fur et à mesure qu’on descend dans l’échelle des qualifications, des revenus et des responsabilités, de la taille de l’entrepriseiv ; il faut ici encore s’interroger sur l’impact qu’elles auraient sur les charges des petites entreprises, leurs défaillances et l’accroissement du chômage.

La généralisation des 35 heures aux petites entreprises est donc une mesure extrêmement complexe à mettre en œuvre sans casse économique et sociale.

Garanties en cas de licenciement collectif

Le terme licenciement collectif désigne juridiquement un licenciement d’au moins 10 salariés au cours d’un mois donné. Les garanties associées aux licenciements collectifs ne concernent donc que les grandes entreprises et les grosses PME, quand elles font des réductions massives d’effectif (et les liquidations d’entreprises de plus de 9 salariés). Les autres licenciés ne bénéficient pas de ces garanties : c’est donc sur leurs conditions de licenciement qu’il est prioritaire d’obtenir des progrès.

L’accent mis sur ces revendications justifie pleinement que A. Lefebvre et D. Méda qualifient le modèle social français de corporatiste conservateur, par opposition au modèle social-démocrate des pays nordiquesv.

 

Orientations pour un programme

  1. Lutte contre la précarité

Cela implique :

  • une sécurité sociale professionnelle, qui ne soit pas réservée aux agents du public et aux grandes entreprises ;

  • un énorme effort d’intégration, qui passe par une grande politique de la ville ;

  • l’amélioration de l’efficacitévi de l’enseignement obligatoire, de l’enseignement supérieur et du dispositif de formation des adultes.

  1. Contrat de travail

Il faut améliorer d’abord le statut et les garanties des salariés des PME. Une priorité doit porter sur la réduction de la précarité statutaire, qui doit passer, pour les entreprises, par des obligations réglementaires et des incitations financières sous conditions. Il est nécessaire de passer d’une logique reposant sur des garanties associées au seul contrat de travail liant un salarié et son entreprise à une amélioration de la maîtrise de l’ensemble de la carrière professionnelle.

  1. Retraites

L’objectif est la garantie à moyen et long terme d’un niveau satisfaisant de la retraite par répartition, qui doit demeurer publique, avec une égalisation et un allongement progressifs de l’espérance de vie à la retraite. Il faut prendre en compte la trajectoire de carrière pour le calcul du montant des retraites, en particulier pour ceux – et surtout celles – qui ont élevé des enfants. La pénibilité réelle doit aussi être prise en compte, au-delà de l’homogénéisation des durées de cotisation qui constitue objectivement un premier pas dans ce sens. Cela doit évidemment s’accompagner d’une amélioration des conditions de travail des plus de 50 ans et d’une amélioration de leur taux d’emploi.

  1. Santé

L’objectif est la garantie à moyen et long terme d’une couverture médicale publique de qualité ouverte à tous et d’un niveau satisfaisant. Cela suppose une réflexion de fond sur l’organisation du système de santé, avec l’implication accrue des médecins du secteur privé.

Ces réformes supposent le respect des conditions suivantes :

  • l’efficacité de l’économie exige de garantir la nécessaire compétitivité des entreprises et de fournir un effort accru de recherche et développement ;

  • la recherche d’alliances au sein de l’Europe est indispensable pour mettre en œuvre ces priorités, inaccessibles avec une politique limitée à un cadre national et a fortiori régional ou local. Contrairement à ce qui a souvent été dit lors de la campagne pour le référendum sur le projet de traité pour l’Europe, des alliances sont possibles avec de nombreuses forces sociales dans l’Union européenne ;

  • la clef de l’ensemble est la remise à plat de la répartition entre revenus nets disponibles du travail, revenus nets disponibles du capital et prélèvements ; elle doit garantir le financement et l’équilibre à long terme des budgets publics et des comptes sociaux ; il est essentiel de l’aborder en différenciant les couches sociales.

 

Conclusion

L’indispensable refondation du PS ne dépend pas d’un arbitrage trompeur pour fixer le curseur entre l’aggiornamento vers la « vraie social-démocratie » – en bon français vers le social-libéralisme, qu’il soit strauss-kahnien ou royaliste –, et la promotion d’un catalogue incohérent, irréaliste et démagogique de revendications reprises chez la gauche radicale.

Il s’agit de repartir des objectifs pour élaborer un vrai programme de gauche, et de convaincre les électeurs que ce programme, cohérent et réaliste, permettra d’atteindre ces objectifs. Cela suppose d’avoir le courage politique de dire où on veut aller et comment on propose d’y aller, plutôt que d’avoir la faiblesse de céder à la démagogie et au corporatisme et de prétendre qu’il est possible de satisfaire toutes les revendications.

Cela suppose de reprendre un travail de fond, de réflexion et de construction, que le PS a malheureusement abandonné depuis au moins dix ans.


Pour plus de détails, voir le livre Dialogue social et programme économique, Serge Ruscram, Lulu éditeur, accessible sur http://books.lulu.com/content/726733 et par Amazon.fr.

i Dans la suite, j’utiliserai délibérément le terme social-démocratie dans son sens générique et habituel de socialisme réformiste (Le Petit Robert), c’est-à-dire reposant sur une conquête du pouvoir par la voie électorale. C’est donc l’ensemble du PS qui est social-démocrate et pas seulement son aile droite, qui se prétend moderniste : celle-ci camoufle sous un glissement sémantique ce qui est en fait son social-libéralisme. Plus largement, l’ensemble des partis qui sont d’accord pour envisager une alliance avec le PS pour gouverner la France (PRG, MRC, Verts, PC et une minorité de la LCR…) est social-démocrate. Je me situe donc à la fois au sein des organisations social-démocrates et dans la gauche du PS.

ii J’entends le mot précarité dans un sens large : la précarité est évidemment au premier chef financière, et touche les SDF, les minima sociaux, les petites retraites, les demandeurs d’emploi, les temps partiels contraints, les bas salaires, etc. ; mais il existe aussi une précarité statutaire : c’est celle des non-titulaires du secteur public, des CDD et intérim, des CDI du privé peu qualifiés ou travaillant dans un secteur en crise, en particulier dans les petites entreprises ; mais c’est aussi, de plus en plus, celle de beaucoup de CDI du privé de qualification intermédiaire et même supérieure.

iii Malgré les cris d’orfraie que pousse le PS au sujet de la TVA sociale, rappelons que beaucoup au PS, et en particulier sa candidate à la présidentielle comme DSK, ont envisagé son instauration : on se reportera par exemple à la contribution du NPS pour le congrès du Mans, Rendre la gauche possible, ou aux Cahiers d’espérances de Désir d’avenirs…

iv INSEE, Economie et statistique n° 376-277, juin 2005, « Les déterminants du jugement des salariés sur la RTT», G. Cette, N. Dromel, D. Méda. L’étude porte sur les salariés des entreprises qui sont passées aux 35 heures depuis au moins un an, dans le cadre des lois Robien et Aubry 1.

v Voir Alain Lefebvre et Dominique Méda, Faut-il brûler le modèle social français, Seuil, 2006.

vi C’est cela l’objectif, et ce n’est pas l’accroissement des ressources, qui n’est qu’un moyen parmi d’autres : un accroissement important de l’efficacité de l’enseignement primaire, accompagné d’une forte amélioration des conditions de travail des enseignants de ZEP, est par exemple possible à effectifs et budget constants (voir les travaux de Thomas Piketty et Mathieu Valdenaire et ceux d’Eric Maurin). En revanche, il faut manifestement augmenter le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche, mais il ne faut le faire que dans le cadre d’une réorganisation améliorant l’efficacité et la capacité d’évaluation du système.

27.06.2007

Repenser notre "praxis politique" Par Jacques Rodet

Les termes « nouveau », « rénovation », « refondation », que nous utilisons de plus en plus aisément, supposent de notre part des efforts d’imagination, de créativité et de création qui bien au-delà des effets de manche ou de mode doivent refonder une pratique : notre praxis politique.

Pour cela, il est tout d’abord utile d’interroger les termes « nouveau », « imagination », et « créativité » puis de préciser ceux de « praxis » et « praxis politique ». Dans un second temps, nous proposons au débat des éléments possibles pour repenser notre « praxis politique ».

Repenser notre praxis politique.pdf

21.06.2007

Reforger la boussole et reprendre la route, par Françoise Akoum

56866b9daf7d2a392e668f7df84d3df9.jpg En se fiant à la théorie simpliste de la « machine à baffes » selon laquelle les français en votant une fois à droite, une fois à gauche sanctionnent les sortants, c'était au tour des socialistes de gagner la Présidentielle et ensuite tout aussi mécaniquement les législatives ! Et, cette fois, le casting devait aider ; pensez donc « la Belle et la Bête » tous les jours, à la télé ; je connais des socialistes qui s'y sont laisser prendre. Las ! De défaite en défaite, les Français ont rappelé aux socialistes que la politique exigeait plus que d'être experts es synthèses de congrès. En voulant croire que la Démocratie est réductible à une alternance mécanique assaisonnée au besoin d'un zeste de participatif, en refusant, malgré le séisme politique vécu en avril 2002, de faire le necessaire travail de refondation idéologique dans un monde toujours plus inégalitaire dans lequel la remise en cause des acquis sociaux est devenue quotidienne, en acceptant de se laisser imposer des choix de pacotille par sondages interposés, le parti socialiste est aujourd'hui en déserrance ; de renoncement en renoncement, il est sorti du champ politique là où le sensationnel et la star ac' n'ont pas cours.

Quoi de plus urgent alors que de reforger la boussole et de reprendre la route pour renouer, à gauche, avec notre utilité « à être socialiste », au service de celles et ceux que la logique de dérégulation néolibérale précarisent irrémédiablement ; relisons Jaurès, son discours à la jeunesse « Le courage, c'est d'aimer la vie et de regarder la mort d'un regard tranquille, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel; c'est d'agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l'univers profond, ni s'il lui réserve une récompense. Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ».

Car il faudra du courage pour affronter le réel, tant il s'est complexifié; le monde a changé (mondialisation, nouvelles technologies, réchauffement climatique, ..., 11 septembre), le monde change (immigration, exaspération des peurs, mal bouffe, discriminations, précarisation...) et ne nous leurrons pas, dans les semaines à venir la société française aura beaucoup changé par les premiers effets des politiques que la Droite mettra en place.

Quel diagnostic précis et partant quelles réponses, au delà du galimatias compassionnel dont sont truffées nos motions de congrès, les socialistes sont-ils capables d'avancer pour aller à l'idéal ? C'est ici que doit s'articuler l'ouverture vers les autres forces de Gauche, réticentes à l'organisation verticale d'un parti politique, pour débattre sans a priori, sans arrière-pensée. Reconnaissons qu'à l'occasion du référendum sur le TCE ou plus récemment lors de la campagne présidentielle, c'est de là que idées nouvelles interressantes ont émergées.

Avant d'imaginer reconquérir le pouvoir, clarifions, fixons le cap, réarmons-nous idéologiquement. Par son histoire, ses traditions, la gauche et les socialistes en son sein ne peuvent attendre qu'un homme ou une femme providentiel-le se lève pour montrer le chemin, ou ce qui revient au même que des sondages désignent le ou la chef. La Gauche et la Droite ne diffèrent pas seulement par les intérêts au service desquels elles oeuvrent mais aussi par les méthodes utilisées pour produire et mettre en oeuvre leurs corpus politiques. A Gauche, rien n'est possible si la dynamique n'est pas à la fois rationnelle, collective et sociale. Les Français ne s'y sont trompés ni en 2002 ni en 2007.

Autre chantier, celui du parti lui même : aurons-nous assez dit que les institutions de V° République ont perverti le fonctionnement du PS ? Les baronnies, les féodalités... l'appareil du haut en bas verrouillé par ceux qui vivent de la politique...les cumuls de mandats et de responsablilités internes... les éléphants et maintenant les jeunes lions... A nous de proposer les nouvelles règles de fonctionnement pour transformer cette ménagerie en un parti politique démocratique moderne qui assume clairement son idéal de justice sociale.

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Le temps n'est pas au plébiscite mais au débat de fond. Par Jacques Rodet

ab5e0cf9752a7f6c181527b8f2dbea40.jpgDepuis dimanche, les voix royalistes s'élèvent pour demander un nouvelle consultation des militants socialistes. Le dernier prétexte est le calendrier de la rénovation du parti qui devrait, selon elles, faire l'objet d'un vote de l'ensemble du parti. Cette demande qui fait immédiatement suite à la déclaration de Royal de vouloir être désignée comme Première secrétaire montre clairement la manière dont la démocratie participative est pensée par Royal et son entourage.

La démocratie participative, réduite à un simple slogan, est instrumentalisée pour contourner la démocratie représentative afin d'éviter tout débat de fond. Ce que veut Royal, c'est un plébiscite. Peu importe la question, ce qui compte c'est le vote. Peu importe de ne pas faire l'analyse des causes des défaites, ce qui compte c'est de se positionner pour 2012. Royal veut d'abord obtenir le pouvoir et l'exercer sans même avoir exposé face aux militants ce qu'elle veut en faire. Elle souhaite l'adhésion et non la réflexion. Elle souhaite poursuive sa course folle qui nous a déjà coûté si cher.

A cela, nous devons répondre non. La séquence qui s'ouvre désormais n'est en aucune manière la continuation de cette fameuse dynamique que Royal agite tel un encensoir, et qui nous a conduit à l'échec, mais bien le temps du débat de fond qui seul permettra au PS de formuler les nouvelles propositions socialistes qu'attendent nos concitoyens. Ceci ne peut se réaliser que dans un espace de débat contradictoire dont le format ne peut une nouvelle fois se résumer à quelques mois de campagne interne. La vertu du débat est qu'il permet d'élaborer un contenu politique qui va au-delà des slogans de campagne. Le temps n'est pas celui de la communication mais de l'élaboration.

Les légitimités du Bureau national et du Premier secrétaire ne peuvent être remises en cause par l'ex candidate à la présidentielle qui a échoué. Il appartient à ces instances de proposer un calendrier de la rénovation qui nécessitera, selon moi, un processus long et structuré de débats. Ce n'est qu'ensuite que la question du leadership se posera. La tradition socialiste c'est d'abord le fond et ensuite les personnes. Vouloir l'inverser, ce n'est pas rénovateur, c'est tout simplement ni socialiste, ni démocratique. Si nous voulons, un jour, pouvoir modifier les institutions de notre pays, il faudrait commencer par ne pas adopter au sein du parti les plus graves dérives de la 5e République. La personnalisation, la présidentialisation encore moins le plébiscite ne sont les fondements possibles de la rénovation-refondation du PS.

Annonce des diversités d'été

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08.05.2007

Rose pale devant et orange amère derriere !!!!! Par Georges Martel

Depuis 5 ans le PS n’a pas voulu faire l’inventaire, il n’a pas voulu non plus clarifier sa ligne politique. Il a oublié surtout de travailler, par des conventions thématiques, des sujets importants et nous n’avons pu combler ce retard notamment lors des derniers congrès destinés à ne pas gêner notre candidat.

La défaite de 2007, après les deux précédentes, est nette et il n’y a pas lieu de pavoiser et de faire comme si…

La gauche a fait au premier tour son plus mauvais score. C’est à ce moment, qu’à nouveau, on nous a ressorti l’habituelle troisième voie. Cela a échoué avec le centre à nouveau qui avait choisi son camp initial et cela a déstabilisé une partie de l’électorat de gauche. On a même cette fois ci offert des postes de ministres et de premier ministre à F. Bayrou.

Ainsi la tactique politicienne refaisait surface au détriment des idées et d’un projet permettant de rassembler l’électorat de gauche. Il faut s’étonner que l’on proposait de compléter le pacte présidentiel en intégrant des propositions de Bayrou et que l’on ne faisait aucun signe du côté de la gauche non socialiste.

Maintenant les grands mots sont lâchés : Refondation, Renouveau, Rénovation. Certains, les mêmes qu’avant le premier tour, parlent de changer de logiciel, changer nos alliances faisant un trait sur l’extrême gauche et le PCF.

La gauche a le choix entre aller vers une logique sociale libérale avec une alliance avec le centre qui va créer un nouveau parti ou retrouver une capacité de s’opposer à la logique capitaliste. Je fais, en cohérence et sans hésitation, le second choix car le centre c’est la droite. Evitons de regarder vers les illusions centristes, reprenons notre combat afin de résister au rouleau compresseur du libéralisme. Cela a été mon choix à Epinay, en 2005 lors du traité européen, aujourd’hui c’est le même.

Oui quand la gauche court après la droite, elle perd à tous les coups.

La perspective de changement en 2012 ne peut, pour des socialistes et la gauche, être celle Giscard, Barre et aujourd’hui Bayrou. Il est aberrant d’envisager, comme le proclame certains, d’envisager des désistements avec le centre.

Alors nous devons, dans l’immédiat, reformuler un nouveau projet législatif pour armer nos candidats en juin prochain.

Nous ne trompons pas d’étape : la présidentielle est derrière nous, le congrès est pour plus tard, entre les deux nous devons surmonter l’obstacle de juin et si possible en bon accord avec nos partenaires… de gauche.

07.05.2007

Interview de Michaël Moglia, membre du Conseil national, co-animateur du CSPRG, 7 mai 2007

Que t’inspirent les résultats du second tour ?

Beaucoup de tristesse et d’amertume, de tristesse d’abord en pensant à celles et ceux qui souffrent depuis tant d’années de la politique menée par la droite et qui vont être les premières victimes de celle que mènera Nicolas Sarkozy.

Amertume ensuite parce que cette élection, nous ne pouvions pas la perdre. Jamais, nous n’avons eu une droite aussi dure et réactionnaire. Le bilan des gouvernements Raffarin et Villepin est catastrophique à tout point de vue.

Pourquoi alors la gauche a t-elle perdu ces élections ?

Notre candidate nous a demandé toute liberté d’action, ce qu’elle a eu. Elle a choisi, très souvent de manière déconcertante d’ailleurs, la stratégie à suivre, stratégie qui nous a mené à la défaite que nous connaissons.

Il lui revient de faire l’analyse et de tenter d’expliquer pourquoi l’échec est aussi cuisant. Pour pouvoir mener ce travail d’analyse, il faudrait d’abord qu’elle réalise que nous avons perdu. Au vu des images télévisées qui ont suivi l’annonce des résultats, je ne suis pas certain qu’elle en ait pris conscience.

Beaucoup ont été surpris, justement, par son attitude hier soir, comment l’interprètes-tu ?

Je ne sais pas si cette attitude correspond à cette nouvelle façon de faire de la politique qu’elle a tant défendue mais j’ai trouvé cela, pour ma part, décalé. La défaite est lourde, sévère, cruelle pour les plus faibles. Il n’y avait donc aucune raison de sourire en tenant des propos qui, il faut bien le dire, n’étaient pas à la hauteur de l’événement. Si l’on pense réellement ce qu’elle a répété ces derniers jours que « Sarkozy est une menace pour la République » alors, la situation exigeait un peu plus de gravité.

En ce qui te concerne, quelles sont, pour toi, les raisons de la défaite ?

Les raisons sont nombreuses, celles qui touchent d’abord à la stratégie. Incapacité à rassembler son parti, incapacité à rassembler les électeurs de la gauche en pratiquant « la danse du centre », incapacité encore à créer une dynamique d’entre deux tours.

Les raisons de fonds ensuite. Sous couvert de modernité, Ségolène Royal, a défendu des thèmes inhabituellement défendus avec tant d’ardeur à gauche (l’encadrement militaire, la réhabilitation de la valeur travail, l’ordre juste, la stratégie du gagnant –gagnant, l’immigration au cas par cas..). Ségolène Royal a, à sa manière, participé à la droitisation de cette campagne comme Lionel Jospin, sur les questions de sécurité, l’avait fait en 2002. Et comme d’habitude, à force de vouloir séduire sur sa droite, on perd sa gauche sans pour autant gagner une seule voix de l’autre côté.

Comment envisages-tu l’avenir du parti socialiste ?

Il faut d’abord et de toute urgence que le Premier secrétaire retrouve toute son autorité. Notre parti a, à travers lui, été trop souvent méprisé durant cette campagne.

Au nom de la liberté de la candidate, le parti a laissé dénaturer son projet ; de la généralisation des 35 heures, nous sommes passés à une vague discussion avec les partenaires sociaux, de l’abrogation des Lois Fillon à une simple remise à plat, d’autres réponses ou propositions comme celles relatives à notre politique énergétique, à l’immigration ou encore à l’Europe, ont été soit vidées de leur sens, soit édulcorées.

Sur la question des alliances, le parti a, là aussi, été méprisé et placé devant le fait accompli puisqu’elle décidât, seule, l’entrée possible de ministres UDF dans un futur gouvernement allant jusqu’à envisager publiquement de nommer François Bayrou, Premier ministre.

Alors selon toi, il suffirait de redonner toute son autorité au premier secrétaire ?

C’est un préalable. A quoi sert le parti socialiste, à quoi sert le collectif si chacun est libre, sitôt désigné, de faire ce que bon lui semble ?

Si l’attitude d’Eric Besson, les attaques de Claude Allègre ou les déclarations concernant l’alliance avec le centre de Bernard Kouchner ou Michel Rocard trois jours avant le premier tour, témoignent bien du peu d’intérêt qu’ils portent au collectif, cela montre aussi que notre parti aujourd’hui, dans son fonctionnement, rencontre de graves problèmes qu’il aura à régler rapidement.

Quelles sont pour toi désormais les 3 priorités ?

Il faut, maintenant, gagner les élections législatives. Pour cela, il ne faut pas reproduire localement les erreurs de la campagne présidentielle. Il faut se présenter aux électeurs en tenant un discours clairement de gauche. C'est la seule stratégie gagnante. L’attitude de celles et ceux qui ont déjà acté la défaite est indécente. Il faut qu’il y ait un véritable contre-pouvoir, cela passe par l’élection d’un maximum de députés.

Il faut faire le bilan de la campagne sans tabou, sans langue de bois, en évitant qu’une nouvelle chape de plomb s’abatte sur le parti. Le bilan du 21 avril 2002 n’a pas été permis, pas plus que celui de la victoire du Non qui a vu, le 29 mai 2005, le PS en décalage avec les deux tiers de son électorat. Aurons-nous cette fois ci le courage de mener l’analyse à son terme ? ce travail sera d’autant plus difficile que les rénovateurs d’hier, ceux qui depuis le congrès de Dijon incarnaient un espoir de changement au sein du PS ont pour la plupart abandonné le combat, menant une campagne jusque-boutiste bien souvent en décalage avec ce qu’ils défendaient il y a encore quelques mois.

Il faut enfin rassembler au plus vite toute la gauche sur des bases clairement redéfinies. Cela passe par la création d’un parti de gauche, redonnant espoir à notre électorat, un parti décomplexé qui n’ait d’autre but que de changer la vie.

Une même défaite, par Jacques Rodet

Une même défaite. L’un en est malade et de dépit annonce son retrait de la vie politique. L’autre, croyant tirer la leçon de son prédecesseur s’obstine à sourire et annonce qu’elle persistera dans la même voie. En cinq ans, la candidate PS à la présidentielle aura donc appris cela, troquer l’expression de sincérité pour celle factice et déplacée, propre à satisfaire au jeu médiatique. L'un n'avait plus vraiment faim et elle est prête à s'attabler.

La défaite est la même car elle a les mêmes causes : l’abandon des fondamentaux du socialisme au profit du social libéralisme.

L’une peut se targuer d’une qualification au second tour de l’élection présidentielle, précisément là où l’autre avait échoué. Mais, la défaite de 2007 est tout aussi cruelle car très large.

Tellement large et insupportable, aussi, face à un candidat de droite qui n’a jamais parlé de fracture sociale et qui, au contraire, s’est employé pendant ces cinq dernières années à dresser les français les uns contre les autres. Un candidat de droite tenant un discours vraiment de droite et parfois d’extrême droite. C’est à cela qu’il faut mesurer la défaite de Ségolène Royal.

Mais tellement plus grave, puisque cette défaite a été subie alors même qu’a été payé, pour l’éviter, un prix scandaleux, pire qu'un parachute doré de PDG. Le prix de l’offre de l’alliance au centre qui l'a temporairement refusée pour faire monter encore le nombre de stock options à lui donner. Depuis quand les socialistes sont-ils aussi riches de manque de respect de leur histoire pour payer ce prix ?

La défaite est la même puisque le PS a perdu cinq ans en refusant de clarifier sa ligne. Des partisans de DSK ne cachent désormais plus leur exaspération à voir ce débat sans cesse repoussé et étouffé par une direction qui n’a qu’un mot à la bouche : unité. Pour ma part, je pense que le moment est effectivement venu de confronter ces deux visions, celle se qualifiant de moderne et social-démocrate et celle qui se dit simplement socialiste. Celle pour qui Bayrou est plus fréquentable que Buffet et celle qui se sent plus proche de Bové que des centristes qu'elle situe à droite.

L’unité, c’est beau et c’est efficace, mais seulement lorsque c’est sincère de part et d’autre. Autrement, ça se voit et l'électeur ne marche pas. Un couple qui ne s’aime plus et qui reste ensemble pour les enfants ou la façade, c’est avant tout deux adultes malheureux qui rendent leurs proches malheureux.

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